Biru, au Tibet : les services médicaux terminaux s'étendent aux agriculteurs et aux bergers

Publié le 2020-11-20 à 15:53  |  China Tibet Online

Nos journalistes sont partis en voiture du district de Biru, dans la ville de Nagqu de la région autonome du Tibet. Après un trajet de plus de 200 kilomètres, en traversant le mont Shala à 5270 mètres d'altitude et la zone de Nagrog avec de hautes montagnes et des vallées profondes pendant près de 5 heures, ils sont arrivés à la clinique du village dans le district de Nagrog au pied de la montagne Gonpo Dorje.

Le berger Woje était en train de recevoir une perfusion dans la clinique du village. Il a attrapé un rhume et a souffert de fièvre depuis plus d'un demi-mois. Tant qu'il a pu le supporter, il n'est pas venu à la clinique du village.

Le médecin du village Gyaltsen a déclaré : « L'état de santé de Woje peut causer une infection pulmonaire. Il est recommandé qu'il soit envoyé à l'hôpital du district pour passer un examen complet. » En raison de la longue distance jusqu'au centre du district, et en plus de la route de gravier cahoteuse accompagnée de vent, de neige et de mal des transports, ce voyage est vraiment pénible. Woje a hésité et a finalement rejeté la suggestion du médecin.

Dans les zones agricoles et pastorales isolées, ce genre de cas comme celui de Woje est courant.  Ils ne vont voir le médecin que lorsqu'ils ne supportent plus la douleur. Et cette procrastination aggrave la situation, ce qui cause encore plus de douleurs et de fardeaux à la famille et à la société. De plus, un petit rhume peut mettre une vie en danger et laisser des regrets irréparables.

Afin de résoudre ces problèmes, depuis 2017, l'hôpital populaire du district de Biru de la ville de Nagqu a inscrit la réforme médicale à l'ordre du jour et a essayé de mener à bien la réforme du système médical rural. Huang Shiliang, directeur du Comité de la santé et de l'hygiène du comté de Biru et président de l'hôpital populaire de Biru, a déclaré : « Afin de résoudre les difficultés médicales dans les zones agricoles et pastorales reculées, qui font en sorte que les maladies ne peuvent pas être soignées à temps, il faut qu'une équipe de médecins de village professionnels avec une formation standardisée soit constituée dans les vastes zones agricoles et pastorales, afin d'améliorer le niveau des services médicaux dans les zones agricoles et pastorales reculées. »

La région de Nagrog, dans le canton de Paingar, dans le comté de Biru, dans la ville de Nagqu, dans la région autonome du Tibet, se trouve à 4600 mètres d'altitude. Les conditions climatiques y sont mauvaises, et chaque hiver, il est difficile de traverser les montagnes à cause de la neige abondante, et il n'y a aucun moyen de se faire soigner sur place. Mettre en place des cliniques villageoises dans les zones agricoles et pastorales et étendre les services des soins médicaux ruraux aux agriculteurs et aux bergers est une chose impérative pour que les agriculteurs et les éleveurs puissent bénéficier des services médicaux et sanitaires près de chez eux.

Dans le cadre de la réforme médicale de l'hôpital populaire du district, le district de Biru a tiré pleinement parti de l'informatisation moderne de l'Internet des objets (IdO) en mettant en place un terminal de réseau de télémédecine. Cela permet de soutenir la gestion en temps réel du règlement des soins médicaux et de résoudre le problème actuel de la faiblesse des infrastructures médicales locales, réalisant l'objectif de « soigner les maladies bénignes sans sortir du village. »

Dans l'environnement naturel particulier du Tibet, la télémédecine peut non seulement résoudre le problème des retards de traitement entre les districts, les cantons et les villages, mais aussi fournir des services de diagnostic, de traitement et de chirurgie pour les agriculteurs et les éleveurs. En cas de maladies graves, on peut également collaborer à distance avec des hôpitaux dans des zones plus développées, afin d'aider les agriculteurs et les bergers à recevoir des chirurgies à distance.

Huang Shiliang a expliqué que la réforme médicale menée dans le district de Biru, ses cantons et ses villages avait reçu un fort soutien de la part comité du Parti du district et du gouvernement du district. En tant que réforme médicale de base au niveau du district, il s'agit de casser le modèle de gestion rigide existant et de favoriser un « remodelage » selon une conception scientifique de haut niveau basée sur les conditions du district. La réforme médicale est liée à l'amélioration des conditions de base des moyens de subsistance et de la santé des populations au niveau local. Il faut cultiver des talents à la base afin de changer complètement le retard des soins médicaux dans les zones agricoles et pastorales reculées.

Dans cette réforme médicale rurale, le plus important est d'améliorer les conditions médicales de base et d'améliorer le niveau des services médicaux primaires. Le district de Biru de la ville de Nagqu a commencé par les médecins locaux au niveau des villages. C'était la première fois dans l'histoire du district, et aussi dans la ville de Nagqu et même dans la région autonome du Tibet, que les postes de médecin de village du district ont été dotés à l'aide d'un processus d'embauche ouvert.

Le 20 juillet de cette année, 480 agriculteurs et bergers ont passé un examen médical et pourvu les postes de médecin de village dans 168 villages. Après leur embauche, on a mis en place trois niveaux de médecins de village – juniors, intermédiaires et principaux, selon les années de travail et le niveau d'activité. On a aussi instauré des salaires progressifs afin d'améliorer l'enthousiasme des médecins de village à servir, d'améliorer la sécurité et l'efficacité des services médicaux et de santé rurale.

Huang Shiliang dit que le médecin du village est comme le « médecin de famille » des agriculteurs et des bergers. La réforme médicale du village est propice à la mobilisation du personnel médical de base et permettra de faire jouer pleinement le rôle des médecins de village et d'améliorer les dossiers de santé des agriculteurs et des éleveurs.

Si le médecin du village est un peu comme une « main », alors l'hôpital central du canton est « l'articulation du coude ». Le complexe médical et sanitaire du district de Biru devient donc le « cerveau » et le « tronc ». Le district intègre l'Hôpital populaire du comté, l'Hôpital de médecine tibétaine, l'Hôpital de santé maternelle et infantile et le CDC dans un système unifié de services médicaux.

Il est rapporté que l'investissement total du projet est supérieur à 100 millions de yuans. Le projet comprend des salles d'opération et des unités de soins intensifs construites conformément aux normes des hôpitaux du plus haut niveau de la Chine. Il y a des salles d'accouchement avec des équipements de pointe et la seule station d'oxygène médical à Nagqu, ainsi qu'un centre d'approvisionnement de désinfection et un centre de lavage bien équipés.

Il est entendu que le district de Biru planifie d'améliorer la construction des infrastructures des dispensaires villageois, de planifier rationnellement l'aménagement des dispensaires villageois, de normaliser le système de base des bureaux de santé, de transformer les équipes médicales et sanitaires de base en des équipes autonomes, et de construire essentiellement des équipes normalisées de médecins ruraux qui peuvent répondre aux besoins du peuple d'ici 3 à 5 ans.

(Rédactrice : Claire SHENG)