[Jours au nord du Tibet] Des recherches scientifiques découvrent les plus hauts sarcophages du monde

Publié le 2020-08-13 à 09:50  |  China Tibet Online

Le 9 juillet 2001, l'équipe d'expédition scientifique dans le no man's land dans le nord du Tibet, dont je faisais partie en tant que journaliste et chef adjoint, est venue inspecter les restes de tombes au village de Gemang, dans le canton de Ganglung du district de Nyima.

Les anciennes tombes se trouvent à 43 km du district de Nyima, sur les rives du lac Gemang Co, à une altitude de 4634 mètres. À l'ouest et au nord des vestiges se trouve une petite colline qui s'étend du nord au sud. Les habitants l'appellent la colline de Gemang.

La maison du vieil homme Chodrak, le chef du village de Gemang qui nous accompagnait, est à environ 100 mètres des vestiges en question. Dans le village, nous avons trouvé un total de 8 tombes sarcophages. La caractéristique principale de ce groupe de tombes sarcophages est leur forme ronde, ovale ou trapézoïdale avec des pierres posées au sol. Dans l'un d'eux, il y a deux pierres de moins d'un mètre de haut et de plus de 20 cm de large au-dessus d'un tas de roches situé en surface. Elle sont des « piliers noires ».

Afin de bien comprendre si le site est une tombe ou une maison, nous avons d'abord ouvert une fosse exploratoire de 1 mètre carré sur le sol d'une tombe qui avait été pillée. Plus tard, cette fosse s'est agrandie à 3 mètres carrés pour y mener des fouilles d'essai. Nous étions pleins d'espérance. Certains pelletaient le sol, d'autres mesuraient ou prenaient des photos : tout le monde était occupé.

Après avoir enlevé la couche de terre arable, des dalles de pierre de différentes longueurs ont été révélées. Les dalles de pierre étaient disposées dans une direction ordonnée est-ouest : la plus longue dalle de pierre mesure de 0,7 à 0,8 mètre de long, et la plus courte 0,44 mètre, et elles sont d'épaisseur inégale. De plus, deux motifs géométriques étaient composés de dalles de pierre. Tous ces éléments nous montraient qu'il s'agissait d'un groupe de tombes sarcophages.

À cette époque, un archéologue était sous pression, car la plupart des gens voulaient continuer à creuser. Mais il a affirmé que l'équipe n'était pas suffisamment qualifiée pour réaliser des fouilles archéologiques, et qu'elle devrait arrêter de continuer à fouiller.

Malgré quelques regrets, les fouilles ont été arrêtées et le site a été nettoyé. Nous avons fait des croquis, pris des photos et remblayé la terre, afin de la retourner à son état d'origine pour de futures fouilles et recherches par des services d'archéologie professionnels.

Le lac Gemang Co était à l'origine un endroit hors des sentiers battus. Les bergers nomades vivant ici n'ont pas la coutume faire des enterrements dans des sarcophages. Aucun matériau de roche noire, une marque de sépulture de sarcophage, n'a été trouvé dans les alentours. Tsewang, un expert en archéologie à l'Université du Tibet, estime qu'il s'agit peut-être d'un vestige relativement primitif.

Ce même jour, nous avons également appris qu'il existait cinq groupes de tombes de sarcophage comme celui-ci dans le district de Nyima. Il sont répartis dans les cantons d'Urdoi, de Ganglung, d'Asog et de Jyewa. En outre, il existe également des tombes avec sarcophages dans le district de Xainza.

Il est entendu que ce type de sarcophage a été retrouvé dans divers endroits du Tibet. Les tombes représentatives de sarcophage sont le site de Chokong à Lhassa et le site de Kyabel à Chamdo. Elles datent d'avant et d'après le néolithique, et ont une histoire d'environ trois à quatre mille ans.

Les enterrements de sarcophage étaient populaires au Tibet et remontent à plus de 1300 ans avant l'introduction du bouddhisme. Après l'introduction du bouddhisme au Tibet, les enterrements de sarcophage ont progressivement disparu. La découverte des tombes de sarcophage dans cette zone inhabitée du nord du Tibet est très probablement un vestige laissé par un peuple étranger. Quant à ses tenants et aboutissants, bien qu'il reste encore beaucoup de choses à explorer et à étudier, la situation actuelle des fouilles d'essai nous permet de dire que cette découverte majeure a déjà une valeur de recherche importante pour l'histoire et la culture du Tibet et du nord du Tibet.

C'est un heureux hasard qu'au cours de la deuxième année de l'examen scientifique, nous avons également trouvé un groupe de tombes avec sarcophages près du lac Padutso dans le comté de Shuanghu. Les éleveurs locaux ont dit que c'étaient les restes des « Mentul ». On dit que « Men » est une ancienne tribu qui existait dans le sud du Tibet à l'époque de Shang Shung. Elle a été annexée par l'Empire du Tibet au milieu et à la fin du règne de tribu de Yarlung.

La superficie de ce cimetière est d'environ 70 x 60 mètres carrés, et sont altitude est de 4 780 mètres. Selon la marque du cercle de pierre situé à la surface, il y a 5 tombes identifiables. La plus grande tombe mesure environ 12 mètres de long d'est à l'ouest et environ 7 mètres de large du nord au sud. La surface extérieure de l'ensemble du groupe de tombes est un mur de pierre d'une largeur de 0,6 à 0,7 mètre, tandis que le mur d'enceinte près de l'ouest comporte 8 pierres dressées et disposées en ligne. L'ensemble du groupe de tombes devient plus petit à mesure qu'il s'étend vers le nord. La longueur et la largeur de la tombe au nord sont comprises entre 1,5 mètre et 3,5 mètres.

Deux experts, Shaka Wangdu du musée du Tibet et Dawa Tsering de l'Université du Tibet, s'appuyant sur la recherche scientifique, croient que ce groupe de tombes avec sarcophages peut être lié à la civilisation de Shang Shung apparue dans le premier millénaire av. J.-C. (1 à 1000 av. J.-C.).

Quant à savoir s'il y avait des peuplements dans la zone inhabitée du nord du Tibet, c'est toujours un sujet de débat constant dans la communauté académique. Shaka Wangdu, qui mène des recherches archéologiques au Tibet, estime que ce débat existe principalement parce qu'aucune preuve archéologique convaincante n'a été trouvée dans le no man's land. Une ou deux expéditions scientifiques produisant la découverte limitée des tombes avec sarcophage ne sont pas assez pour résoudre toutes les questions de fond.

Il semble qu'il n'est pas encore certain qu'il existait des peuplements anciens dans la zone inhabitée du nord du Tibet au long de la longue histoire la région. Pour le moment, il s'agit encore d'un mystère non résolu.

(Rédactrice : Claire SHENG)