Les cordyceps transforment la vie dans les zones pastorales du Tibet

Publié le 2020-06-30 à 10:20  |  China Tibet Online

Karma Tsita, âgé de 45 ans, présente tous les symboles classiques des hommes tibétains Khampa : une petite moustache, une robe tibétaine et un couteau suspendu à sa taille. Cet homme Khampa vient de Nagqu, dans le nord du Tibet. Les membres de sa famille sont des bergers depuis des générations, mais il est devenu un authentique commerçant de cordyceps.

Le Tibet est riche en cordyceps, et le prix se calcule en grammes, il est donc surnommé « l'or léger ». Les commerçants de cordyceps sont également considérés comme l'une des professions les plus riches du Tibet. Plus de la moitié des cordyceps au Tibet sont produits dans la zone pastorale de Nagqu. De l'avis des connaisseurs, l'altitude de la région est élevée et les produits de cordyceps sur place sont bons, ce qui explique pourquoi les cordyceps ont toujours occupé le « sommet de la pyramide » au sein du marché de cordyceps au Tibet.

La saison de récolte des cordyceps de moins de deux mois va bientôt prendre fin. Les bergers qui récoltent les cordyceps les vendent ensuite aux marchands en gros, et beaucoup d'entre eux ont fait une bonne et nouvelle récolte cette année.

Karma Tsita a également fait une bonne récolte : 10 000 cordyceps frais et plusieurs kilos de cordyceps séchés. « Quand j'étais jeune, en dehors de l'élevage, le cordyceps était également un revenu important de ma famille. Donc, chaque été, mes parents allaient récolter des cordyceps », dit-il. En 2015, il a appris à vendre des cordyceps. De la prairie à la ville, il a ajouté une corde à son arc : celle d'un commerçant.

« Il n'est pas difficile de distinguer la qualité des cordyceps, mais il y a encore beaucoup à apprendre pour faire de bonnes affaires, comme trouver des canaux et développer des marchés. »

Au départ, Karma Tsita avait peu d'économies. Il achetait et revendait uniquement de petites quantités. Il a accumulé lentement des fonds et aujourd'hui, la valeur de ses affaires se chiffre à des millions de yuans chaque année.

Comparé à Karma Tsita, Tsaju, qui est aussi de Nagqu, vend des cordyceps depuis longtemps. En 2002, il a quitté son emploi de chauffeur. Au début, il a tenté sa chance seul. Au cours des dix années suivantes, son frère et son neveu se sont également joints à lui, et maintenant, ils ont formé une entreprise familiale qui transporte vers d'autres régions de la Chine des centaines de kilogrammes de cordyceps chaque année. « Pendant la saison des cordyceps, toute notre famille est occupée à récolter des cordyceps, acheter des cordyceps et vendre des cordyceps », dit-il.

Selon Tsaju, les affaires n'étaient pas très bonnes lorsqu'il a commencé son entreprise de cordyceps, et le manque de fonds était chose courante. « Chaque fois que je montais sur la montagne pour acheter, je devais préparer habituellement des centaines de milliers de yuans. Donc, quand j'ai commencé, la pression était énorme. Heureusement, des parents et des amis de ma ville natale m'ont prêté de l'argent. »

En affaires depuis de nombreuses années, Tsaju est maintenant prêt à accepter de nouvelles choses, et il n'est plus limité par le marché tibétain. En plus de développer ses affaires dans d'autres régions de la Chine, il est également passionné par divers salons durant lesquels il peut rencontrer beaucoup de gros clients.

Namgyal Tsewang vient du district Dêngqên de Nagqu. À la fin des années 1970, il a appris à faire des affaires avec des cordyceps. À cette époque, plusieurs familles de son village récoltaient des cordyceps, qu'ils vendaient à nouveau au district. Ainsi, encore adolescent, il s'est lancé dans cette entreprise.

« À cette époque, il n'y avait pas d'Internet et ou de livraison express comme aujourd'hui. Je marchais pendant plusieurs jours pour vendre des cordyceps dans le district. Parfois, si les choses allaient bien, je pouvais monter à cheval », se souvient-il.

Grâce aux capitaux accumulés, dans les années 1990, la famille de Namgyal Tsewang a été une des premières à acheter une voiture privée dans le village. « On ne se souvient pas de la marque, mais elle a coûté plus de cent mille yuans. » Des années 1970 à nos jours, Namgyal Tsewang a également connu l'engouement pour le cordyceps, dont les controverses pour sa valeur nutritive et les hauts et les bas des prix.

Il a dit que dans les années 1970, un cordyceps se vendait pour plus de dix yuans. Au cours des 20 années suivantes, le prix a franchi le seuil des 1 000 yuans et des 10 000 yuans respectivement. Mais dans les années 1980, les prix des cordyceps ont chuté trois ou quatre fois. « Les nouvelles étaient bloquées à l'époque, et on ne sait pas pourquoi. »

En 2008, le prix du cordyceps a connu une nouvelle « grosse plongée ». Selon de nombreux commerçants de cordyceps au Tibet, les Jeux olympiques de Beijing de 2008 allaient créer un plus grand marché de consommation. Par conséquent, ils amassaient beaucoup de cordyceps un an à l'avance. Or, la crise financière mondiale s'est intensifiée, ce qui a brisé leur fantaisie.

« En octobre 2007, j'ai vendu la plupart des cordyceps et je crois avoir échappé à cette crise. » Namgyal Tsewang a dit sans détour que certaines personnes avec des millions de yuans de dettes ne s'en sont jamais remis.

Namgyal Tsewang a déclaré qu'il a envie maintenant les jeunes qui font des ventes en direct sur Internet. Cependant, il a admis qu'en vieillissant, il est incapable de suivre le cours du temps. Malgré cela, il a essayé la technologie de lyophilisation des cordyceps. Il croit que tous doivent toujours continuer de développer les différents domaines de l'industrie du cordyceps.

(Rédactrice : Claire SHENG)